HOMMAGES ET TÉMOIGNAGES

De sa sœur et  

de ses femmes 

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A mon frère, Fu’a Toula, Fu’a Lei,  mon Seuzeu

Aussi loin que je me souvienne, tu es à mes côtés.

Ensemble auprès de notre Père, entouré d’un grand nombre de frères et sœurs, comme le veut la cour du chef qu’était notre père, tu trouvais toujours un moment pour que nous soyons en tête-à-tête, un moment à nous deux, juste pour bavarder et savoir comment l’un et l’autre se portent.

Très tôt tu as veillé sur moi, ne supportant pas de me voir souffrir. Je n’oublierai jamais les distances que tu parcourais tous les jours pour venir me soulager des lourdes tâches qu’on m’infligeait lorsque enfant on m’envoya pour un temps dans une famille loin de chez nous. Tu venais m’attendre au point d’eau, puisais et portais de l’eau à ma place pour me raccompagner jusqu’à côté de la maison et repartir furtivement.

À aucun moment de notre vie, tu as accepté l’éloignement, au motif que tu es le seul capable de veiller sur moi. Tu m’as suivie lorsqu’il a fallu que je quitte le village pour aller chez notre oncle maternel à Bonaberi.

Tu m’as suivie quand j’ai dû partir retrouvez mon mari et ma belle famille, pour t’assurer que j’étais en de bonnes mains.

Quelques années plus tard quand tu commenças à voler de tes propres et ailes, ce fut ton tour de m’amener à te suivre, en déménageant à New Bell  et ensuite à Bonapriso.

Quand il a fallu nous baptiser tu as voulu que nos prénoms soient semblables et étais fier d’avoir choisi Joseph pour toi et Joséphine pour moi.

À chaque étape de notre vie tu ne manquais pas de regarder derrière toi pour t’assurer que j’étais la. Qui ne connaît pas ses mots que tu prononçais en tous lieux et toutes circonstances : «Meni men heur’ » « Où est Meni» «pé tchie Menilaw » « Appelez Meni »  À mon tour de dire aujourd’hui : «Seuzeu où es-tu ?? ».

Tu me faisais une entière confiance et pendant longtemps j’ai gardé des économies.

Des voyages tu en as fait, et à ton retour tu disais : «Meni  tu vas aussi y allé pour voir ce que j’ai vu ». C’est ainsi que depuis les années 60, nous sommes à Paris, Milan ou Monaco…

Lors de tes voyages, lorsqu’on te demander combien d’enfants tu avais, tu disais 14 sans sourciller.

Mes enfants tu en as fait les tiens, leur donnant les mêmes principes de vie, la même éducation que les tiens. Tu les as élevés en troupeau en espérant qu’un jour ils soient ensemble comme nous.

Fia Lei, notre amour l’un pour l’autre était inconditionnel. J’étais ton amie, ta confidente, ta complice, et te servait de bouclier quand il le fallait.

Gérer une famille polygamique n’est pas une tâche facile mais nous l’avons fait avec succès. Faire l’interface avec la grande famille DEFOSSO et maintenir la paix dans nos familles a été aussi une gageure que nous avons réussie.

Mais la plus grande de nos réussites  c’est notre amour que nous avons su transmettre à nos enfants : l’amour de l’un pour l’autre, l’amour des uns et des autres.

Qu’il plaise à Dieu qu’ils continuent à s’aimer les uns et les autres comme nous nous sommes aimés toute notre vie.

A notre grand âge nous avions peur de l’un pour l’autre, se demandant qui partirait en laissant l’autre.

Depuis ma maladie, après chacune de tes visites, voyant mon état se dégrader tu t’effondrais en larmes, inconsolable pendant des jours et des nuits au point qu’un des enfants a dit : «je pense que le jour où mamy Meni nous quittera définitivement, papa ne pleurera pas autant qu’il a pleuré cette journée et cette nuit ». Était-ce une prémonition que tu partirais avant moi et que tu ne serais plus là pour me pleurer quand je ne serais plus de ce monde ? Je le pense et toujours aussi prévoyant envers moi, tu as même fait mon deuil avant de nous quitter.

Voilà tu me laisses toute seule.

Mon frère Seuzeu, qui va encore appeler Meni, Meni, Meni ???

Malgré ma maladie, Dieu a décidé de t’appeler avant moi, alors va et repose en paix.

Je sais que de là où tu te trouves, tu continueras à veiller sur nous tant l’amour que tu avais pour les tiens était fort.

Ta sœur Mefeu Ndjengoue

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Sa sœur Mefeu Ndjengoue

 
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Son épouse "Malia" Mefeu Kambiwo

Mon Cher époux

J’avais 16 ans quand nous nous sommes mariés.

Après 74 ans de vie commune tu es allé rejoindre nos ancêtres.

Nous n’avons jamais connu des séparations et au moment de ton départ tu te soucies encore de moi comme tu l’as toujours fait.

De là où tu es, continues à veiller sur nous tous et prépare ma place auprès de notre créateur.

Va mon cher époux et repose en paix.

Ton épouse "Malia" Mefeu Kambiwo

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Za'a Mefeu HAPPI TCHOUA

Za'a Mefeu Happi Tchoua

Mon bien-aimé.

Tu es parti en mettant fin à plus de 60 années de bonheur mais je ne peux décemment me plaindre de ton départ ; je me dois de remercier le seigneur pour t’avoir mis sur mon chemin.

Je me dois de remercier le seigneur pour toutes ces années de bonheur, pour ta présence constante à mes côtés, pour ta bienveillance à l’égard des miens et pour la place que tu as su me faire au sein de la famille que tu avais constituée avant de me rencontrer. Cette famille est au-delà de tout, ta plus grande réussite et je suis fière d’en faire partie.

Je suis également fier d’avoir pu participer à tes activités professionnelles, ce dont je garde un émouvant souvenir. Ton exigence à l’égard de tous les collaborateurs suscitait quelquefois des railleries de ma part et je m’amusais à qualifier ton organisation de système militaire dans lequel le devoir n’avait aucune limite. Je me souviens encore de la facilité avec laquelle tu détectais les erreurs lorsque tu demandais à un de tes assistants de te faire une opération à la calculatrice et de la grimace que tu esquissais d’emblée à chaque réponse fausse jusqu’à ce que le bon résultat, qui n’était jamais éloigné de celui auquel tu pensais, te soit donné. Je me souviens de nos nombreux voyages professionnels à l’étranger, de ton aisance dans les négociations avec des personnes de cultures et de langues différentes qui était souvent déroutées par ton aplomb. Je me souviens encore de notre premier voyage en Chine dans les années 70 et de notre amusement à communiquer avec les autres dans un monde différent à tous points du nôtre.

Je ressens une immense fierté pour l’empire que tu as su créer  et consolider en permettant à chaque membre de la famille qui le souhaitait de participer à ton œuvre. Je ressens une immense fierté pour ton implication dans toute entreprise qui me tenait à cœur. Nous partagions la même foi chrétienne au sein de deux églises différentes toi catholique et moi protestante. Tu as compris l’importance de mon engagement au sein de l’église évangélique et tu m’as assistée sans faire la moindre discrimination. Tu as également compris l’importance de ma famille d’origine dont tu as été le patriarche. Tu as été présent auprès de ma sœur aînée feue Wambe Messang Ngong TONTONG Madeleine tout au long de son engagement politique. Je garde un vibrant souvenir de l’exceptionnel complicité que vous partagiez. Lorsqu’il y a eu un décès dans ma famille tu t’es toujours senti concerné au premier plan et as activement participé à l’organisation de toutes les cérémonies familiales.

Lorsque j’ai été gravement malade tu es resté optimiste et tu as pris soin de moi avec une énergie insoupçonnée. Alors que je venais de subir une intervention chirurgicale et que je me trouvais dans un état critique, tu as tenu à ce que je dorme auprès de toi et tu as assumer mes nuits agitées en prenant personnellement soin de moi en dépit de ta santé fragile. Je n’aurais pas cru alors que je survivrais et que c’est moi qui te dirais adieu. Ta détermination, qui m’agaçait parfois car j’avais le sentiment que tu exigeais l’impossible, traduisait ta profonde conviction qu’en toute circonstance l’homme est capable d’agir pour améliorer sa condition.

Je n’oublierai jamais ton sens de l’humour et tes réflexions moqueuses qui animaient les repas en famille, sans jamais être blessant. Ton sens de l’humour nous manquera cruellement. Je me souviens de ces joyeuses tablées avec les enfants, qu’ils soient biologiquement issus de toi, de ma petite sœur ou de ma cousine et de l’attention que tu accordais à chacun d’entre eux sans faire de distinction.

Ta patience à l’égard des enfants était en totale contradiction avec l’homme d'affaire redoutable et rigoureux que tu étais. J’ai été comblée par ces multiples aspects de ta personnalité et je me dois d’en remercier Dieu et de prier pour la préservation de ton œuvre et surtout de notre famille.  Coucouma  va en paix et que Dieu te garde prés de lui !

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